lundi 16 novembre 2009

Non à la fessée

Depuis hier, je suis atterrée par les commentaires négatifs suite à la proposition de loi d'Edwige Antier pour l'interdiction de la fessée. Il se trouve que la fessée est interdite dans 18 états européens. Et nous, bons Français, nous continuons à penser que la fessée est un bon moyen d'éduquer nos enfants : Horreur !
Personnellement, je pense que cette loi, si elle pouvait voir le jour, aurait deux vertus essentielles :
Premièrement, pour les enfants maltraités, elle serait une véritable reconnaissance et elle permettrait de dévoiler certaines situations totalement insupportables et ce quel que soit le milieu social des familles.
Deuxièmement, pour tous les parents qui se pensent normaux, c'est à dire à qui il arrive de donner une fessée de temps à autre à leurs enfants, cela pourrait être un électrochoc en les obligeant à réfléchir à d'autres solutions comme le dialogue, l'isolement, etc...
Évidemment, à première vue, donner une fessée, c'est plus rapide, ça soulage les parents...
Pourtant, si chacun se remémore son enfance, les souvenirs de fessées ou de gifles, c'est tout sauf agréable et même avec du recul, c'est négatif.
Dans notre société, les violences conjugales sont dénoncées. Celles envers les enfants beaucoup moins (cf le remerciement récent de la défenseure des enfants). Et pourtant, toutes ces violences sont liées. Très souvent, des parents violents envers leurs enfants ont eux-mêmes été battus dans leur enfance. Idem pour les maris violents qui ont soit été battus eux-mêmes, soit assisté à des violences conjugales sur leur propre mère.
Je suis extrêmement inquiète qu'une proposition qui vise à protéger les enfants et qui aide les parents de manière indirecte soit ainsi tournée en ridicule. Il n'y a pas de petites violences : toutes les violences sont graves et condamnables.
Le ridicule ne tue pas, les violences, si.

jeudi 22 octobre 2009

Guy Moquet

Ce matin, en écoutant le 7-10 de France Inter, j'ai entendu le rappel de l'obligation des professeurs de lycées de lire la lettre d'adieu à ses proches de Guy Moquet. J'ai d'abord été agacée par cette nouvelle puis ensuite amusée grâce à l'interview de deux professeurs qui avaient l'intention d'adopter chacune deux attitudes différentes.
La première annonçait son refus de la lire en invoquant le fait que les professeurs et plus généralement les fonctionnaires n'étaient pas selon elle soumis à une obligation stricte de suivre les directives de l'état.
La seconde, nettement plus subtile, indiqua quant à elle son souhait de respecter l'obligation de lire la lettre mais de prolonger cette lecture par un débat, non pas sur la résistance mais sur l'obligation des professeurs de se plier aux ordres de l'état et donc de dresser un parallèle avec la période de Vichy où les fonctionnaires français ont été contraints d'obéir à certains ordres qui ont conduit là où l'on sait.
Cette attitude qui à la fois respecte la circulaire mais en même temps en souligne les travers m'a littéralement réjouie. Finalement, l'objectif de l'opération, à savoir évoquer la résistance en utilisant un tel support, est totalement atteint puisque la résistance est toujours d'actualité en France en 2009.

jeudi 15 octobre 2009

Sortie Nature à l'école maternelle

Jeudi 8 octobre 2009, j'accompagnais la classe de mon fils en grande section à l'école maternelle de Lamotte Beuvron, dans le Loir et Cher en Sologne pour une sortie nature. Cette sortie était l'occasion de faire découvrir la forêt, sa faune et sa flore et plus particulièrement les indices de présence des animaux, leur habitat, tout ceci dans un but d'apprentissage du respect de l'équilibre de toute cette vie forestière. L'exposé était assuré par une animatrice nature très à l'écoute des enfants et désireuse d'expliquer à ces enfants de 5 ans que toutes les créatures, petites et grandes étaient utiles. La sortie a également été suivie par un journaliste du Parisien - Aujourd'hui en France en vue de la rédaction d'un article.
Et c'est justement à la sortie de cet article que les ennuis ont commencé. L'article sorti le lundi 12 octobre dans le Parisien et le mardi 13 dans Aujourd'hui en France était annoncé par un "placard" en couverture du journal : "Education : La chasse enseignée à l'école". L'article était lui-même titré "En Sologne, la chasse ... en classe !". Quelle ne fut pas notre stupéfaction à la simple lecture de ces titres. En aucun cas, le mot chasse n'a été prononcé aux enfants lors de l'exposé, ni par l'animatrice, ni par les enseignants. Le reste de cet article continuait dans cette voie en attribuant des propos à l'animatrice comme "il faut (...) tuer des bêtes lorsque la nourriture n'est pas suffisante pour eux" ou encore "Dans certaine zones, les renards sont porteurs de maladie et il faut les éliminer". Ces propos n'ont absolument pas été tenus par l'animatrice devant les enfants ni devant les adultes lors de la sortie. Elle les a catégoriquement démentis lorsque la directrice l'a appelée suite à la sortie de l'article. Une précision qui a son importance : Cette sortie avait également été organisée les années précédentes avec le concours de l'Association écologiste "Sologne Nature Environnement" et avec cette même animatrice, employée jusqu'alors par cette association. L'animatrice est depuis cette année employée par la Fédération départementale de la chasse du Loir et Cher, et c'est sous le patronage de cette organisation que la sortie a eu lieu en ce début d'année scolaire. C'est un changement administratif qui semble avoir une certaine importance mais qui n'a en revanche absolument pas modifié le contenu diffusé aux élèves, à savoir la nature, la forêt, les animaux et les plantes.
Alors que penser. Le journaliste a-t-il voulu faire du zèle auprès des chasseurs. C'est ce que semble dire Monsieur Hubert-Louis Vuitton, le président de la fédération départementale de la chasse, qui a également démenti à la directrice de l'école les propos qui lui sont prêtés dans l'article. Ou une opération de propagande pro-chasse aurait été organisée à l'insu de l'équipe enseignante et des parents.
Il est vrai que nous sommes désormais habitués sous l'ère Sarkozy à de gros buzz sur des questions de type secondaires qui permettent de cacher les véritables problèmes ou à préparer des réformes bien réelles dans la plus grande discrétion.
Mystère ! Mais en tout cas, une bien mauvaise publicité à mon avis pour Lamotte, son école, la Sologne voire les chasseurs eux-mêmes. Bref, du grand n'importe quoi à l'heure où l'Education Nationale est littéralement démantelée, la formation des enseignants, la suppression programmée des intervenants extérieurs et sorties jugées comme "inutiles et source de déconcentration pour les élèves" (cf une récente note de synthèse de l'Inspection générale de l’Education nationale) , etc... La liste est trop longue.
Je n'aime pas beaucoup les théories du complot, mais je m'interroge sérieusement.